Profitons-en pour faire le point sur les vraies difficultés et les idées reçues…
Quand on apprend une langue, à l’école ou plus tard, on met assez tôt le nez dans la distinction tu/vous quand elle existe dans la langue en question. Pas une conjugaison qu’on n’apprenne sans les pronoms adéquats !
Grammaticalement, on sait faire la différence, on se coltine d’ailleurs en général un sacré paquet d’exercices qui obligent à passer de l’un à l’autre mécaniquement (enfin, quand on apprend à l’ancienne, les nouvelles méthodes vont intégrer la distinction dans des mises en situation plus intéressantes).
Pourtant, ça ne prépare pas forcément à savoir utiliser la différence. On peut tout à fait la connaître sur le papier et bloquer totalement ou se tromper lorsqu’il s’agit de prendre la bonne décision en situation réelle.
Exemple
Un anglophone rejoint une équipe française. Il oublie qu’il existe deux possibilités et part par défaut sur la plus facile, en général le « tu » pour ceux qui n’ont pas les deux dans leur langue natale. Et là, il commence son premier jour au boulot en tutoyant l’un des plus gros clients de la boîte ! Ce n’est pas forcément le plus beau départ…
En se focalisant sur les difficultés que peut poser la distinction aux locuteurs non natifs, on oublie souvent que les natifs ont eux aussi leurs petits moments d’indécision et d’émotions avec les deux pronoms.
Exemple
Le petit nouveau qui va vouvoyer d’office quand le reste de la start-up utilise le « tu ». Il n’aura pas commis de véritable impair, mais va tout de même se faire remarquer négativement pour cela, ce qui peut ralentir son intégration.
Tout le monde sait que le you anglais comprend à la fois le tu et le vous. Il est donc habituel de dire que l’anglais ne connaît pas de distinguo tutoiement/vouvoiement.
C’est vrai d’un point de vue littéral.
Mais c’est aussi faux si l’on s’imagine que l’on va s’adresser à tout le monde de la même manière.
Car il existe bien une façon formelle et une façon moins formelle de le faire. Si vous vous mettez à bosser avec des Londoniens par exemple vous entendrez rapidement “ can we be on a first name basis ?”
Les anglophones vont attacher beaucoup d’importance à l’emploi du prénom, ce qui revient à une forme de distinction dialogue formel/informel.
Cette problématique de la non-équivalence du tu/vous entre les langues est redoutablement importante, car elle met en valeur toute la richesse « non grammaticale » d’une langue, faite d’habitudes, de contexte, de culture…
Dès qu’il est question de s’intéresser à sa pratique, il faut en tenir compte. Par exemple, lorsqu’on évalue le niveau d’un candidat pour un poste, c’est le type de détail qui n’en est pas un. Un conseil, mieux vaut s’assurer que la maîtrise est bien là, avant l’incident diplomatique !
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